Articles

Douance

Image
Tout en ma maigre forme étonne l'inertie
Et je surprends mon esprit d'exister encore
Mais de rien, je déterre une force infinie -
Les vagues de la nuit n'ont pas détruit mon corps.

Tout, en mon faible esprit consterne la raison
Moi qui connait - un peu - les tréfonds de mon âme
Sait combien je voudrais tomber en pâmoison
Contredire, un instant, ma résistance infâme

Aux coups l'on s’accommode ainsi qu'un étrier
Mais de celui d'avoir ne sais-je m'habiller
Et j'avance en voulant écrire davantage.

Car embrasser vraiment, de fureur ma douance
 - À ne pas succomber, me permet l’existence -
Et l'indolence acquiesce à mes accès de rage.

Équilibre du sapin

Image
Le chat noir a Noël réfléchit sans malice
Ressasse les instants qui l'ont armé griffu
Son fol éclat d'antan peut sembler moins touffu,
Il semble délesté de fourrure et de vices.

S'il a quitté longtemps sa féline fratrie
Il n'a point oublié le chemin du retour ;
Les lynx et les renards, la neige et ses contours
Désormais, ce jardin est un peu sa patrie.

Pour sa prochaine vie, quoi rêver à présent ?
De vieilles retrouvailles, rien de trop reluisant
Tout ça peut bien tenir dans un destin de chat

Et s'il reste du thon dans le monde prochain,
Il sera monnayable, (nous en sommes certains) :
Et le temps sera pris pour un prochain achat.

Éveil

Image
On s'y sent protégés et l'on vit les saisons
Chacune, pleinement - au chalet des Ormeaux
Les pins rendent l'air frais quand Phébus, au plus haut,
Offre, sur le Québec, une chaude illusion

La route est aux renards et l'air est aux oiseaux
Le jardin, seul, grandit pendant que nous dormons.
Ici : pas de réseau, seulement quelques monts
Qui, narcissiquement, se contemplent dans l'eau.

Et quand, soudainement, dans un moment d'éveil
Nos regards s'entrecroisent avec ceux des merveilles,
Nous dissipons les maux dans l'extérieure paix.

Les distances s'allongent, et le temps disparaît
Les étoiles, au feu, chantent un clair désintérêt
Des hommes de Paris, Montréal ou Marseille.

Compagnie

Image
A ce bon vieil ami qui voulait prendre un chien
J'ai confirmé ceci : 'Ils sont plus affectueux
Que bien des Felidaes ! Leur pelage est soyeux,
C'est pour les gens normaux comme un réflexe ancien.

Mais bien plus stratégique apparaît la panthère
Et l'on apprends, des chats, quelque philosophie.
Là ou une petit os à nos canins suffit,
Plus de corps les félins nécessitent, au contraire.

Apprends, si tu peux, les paradoxes utiles :
- Il faut s'en occuper en les laissant tranquille
Apparaître docile autant qu'insaisissable.

Au contact des griffes, quelques bleus apparaissent
Des effluves feutrés, sous leurs pattes nous laissent
Autant une douleur qu'un manque inexorable.''

Fier

Image
À le voir, on dirait qu'il a fait plusieurs guerres
Que c'est un léopard parcourant la vallée
La fourrure enrobée, d'un palabre précaire
Un volume réduit, un égo déployé.

Nous l'observons d'abord comme on voit la télé :
''Amusant, le petit, il pourrait nous distraire''.
Puis l'on est pris au jeu, au chaton allié -
La grâce d'un Félin ne sait donc se soustraire ?

Amis, le chat, pour nous, est l'accessible jungle
Accrochés que nous sommes, ainsi que des épingles,
Au monde aseptisé de quelques normopathes.

Il est tant à calquer de ces nobles félins :
Affables plus que fiers - Soumis moins que malins
Bipèdes dans l'esprit, marchant a quatre pattes.

Choix

Image
Dans chaque identité réside une équation
Au prémisse altéré de plusieurs variables
Il m’apparaît fictif (et très peu résolvable)
Qu'une loi, en nos yeux, joignent ces conditions.

Bien des complexités se font insaisissables
Et le moindre détail est issu d'une action :
La liberté, au vent, est une abréviation
Des courants, du relief- nous dit un lœss friable.

Par ce nœud exigeant qu'on accepta le doute
Ce magique ingrédient, qui en saveur ajoute :
La cause de tout mot demeure ésotérique.

Je ne vois d'autres choix que les joies et colères
Que revêt un manteau d'excuses parcellaires
Devant l'immensité d'un dessein algébrique.




Philosophie des verres

Image
L'intime conviction d'une tasse remplie
C'est l'ignorance pleine et la foi corrélée
Dans l'absolue substance et l'éclat constellé
Du vin qui la compose et qui l’enorgueillit

La tasse vide, au fond, n'a rien de singulier
Son contour qui parait si nu n'est pas pervers
Son esprit aéré au monde s'est offert
(Quelque peu dévêtue, et bien démaquillée.)

Qui saura, parmi nous, la plus comble choisir :
Vider de sa substance un rapide désir
Ainsi que font les gens qui vivent une fois ?

Ou qui démontrera qu'attendre un prochain vers
Au seuil de nos mémoires, a si peu recouvert ;
Qu'on boit différents vins, au goulot quelquefois.